Mieux me connaître

Fabrice RotenhauserInterview

Qu’est-ce qu’un émailleur sur cuivre ?

L’émailleur est celui qui travaille l’émail … cette matière colorée très proche du cristal qui, associée avec du cuivre très pur et cuite à très haute température, va entrer en parfaite symbiose avec le métal. Les cuissons successives vont permettre à l’émail d’acquérir une grande transparence, au cuivre de créer lui aussi des reflets, créant un ensemble qui capte la lumière, toutes les lumières.

Quelle est votre démarche ?

J’essaie de pousser les frontières. L’émail sur cuivre s’exprime souvent sur de petites surfaces. J’ai envie de le faire exploser, de le rendre plus grand, plus visible, plus lumineux. Un tableau en émail sur cuivre est un tableau vivant, il s’endort le soir quand la luminosité devient faible et éclate au grand jour. Il nous accompagne à chaque instant. On y découvre toujours des nuances différentes, éclatantes ou subtiles. Je crée des œuvres qui accompagnent…

Qu’est-ce qui vous inspire ?

Je travaille sur le rapport au temps, aux empreintes que l’humanité laisse derrière elle. Je m’inspire de signes et de lieux, de sons et de mémoires.

Pourquoi travailler sur de grands formats alors que la plupart des émailleurs travaillent sur de petites pièces ?

L’idée est de repousser les frontières. L’émail sur cuivre est une technique délicate, lente et demandant énormément d’opérations, de cuissons successives, de préparation, de finitions… Un grand format est un challenge à la fois artistique et technique. Cela le rend passionnant et délicat, imposant et rayonnant. J’aime les grands formats car ils sont à la fois très présents, très lumineux et totalement inscrits dans leur environnement.

Et le public ?

La rencontre avec le public est fondamentale. L’émail sur cuivre est peu connu dans sa version contemporaine. La rencontre entre l’émail et le public est toujours un instant magique et inattendu.